Peut-on manger des fruits des bois

Publié le par Garcin Olivier

Peut-on manger des fruits des bois

Oui mais!

Certains fruits des bois peuvent être contaminés par un parasite pouvant donner l'Echinococcose.

Avant toutes choses, il faut savoir que l’échinococcose est une maladie rare mais qui peut être grave. Elle peut engager le pronostic vital. Cette maladie nécessite la plupart du temps un traitement à vie ainsi qu’un suivi médical régulier qui sont autant de contraintes pour le patient. Il ne faut pas pour autant s’interdire de profiter de ce que nous offre la nature mais il faut connaitre les risques et comment les éviter.

L’échinococcose est une zoonose provoquée par un ver plat, l'echinocoque.

Le parasite:

L'échinocoque est avalé par l'hôte. Les animaux concernés sont essentiellement des canidés (chiens, renards) où la larve se transforme en adulte dans le tube digestif de l'hôte, permettant la reproduction et le relargage d'œufs par le tube digestif. L'être humain constitue le plus souvent un « hôte en impasse » ne permettant pas la reproduction du parasite. Ce dernier traverse la paroi du tube digestif avant de s'implanter dans différents organes.

Contamination humaine:

Les modes de transmission d’Echinococcus multilocularis restent mal connus dans leur détail : les œufs du ténia sont dispersés dans l'environnement via les crottes de carnivores contaminés (et pas l'urine contrairement aux idées reçues) : renards, chiens et chats (bien que ce dernier ne soit pas un hôte optimal pour le parasite). Manger les fruits des bois crues poussant à ras du sol, des pissenlits, ou tout autre végétal poussant à ras du sol doit donc être évité car ces aliments sont susceptibles d'avoir été souillés par les excréments. Tel n'est pas le cas des produits végétaux poussant à plus de 30 cm de hauteur.

Epidémiologie :

Les zones d’endémie connues en France métropolitaine sont le Massif Central, la Franche-Comté, la Lorraine et les Alpes. Cependant, on retrouve des cas sur tout le territoire. Le registre des cas humains (FrancEchinoReg) créé en 1997 par l’Université de Franche-Comté répertorie toutes les données disponibles. On a ainsi recensé 260 cas au total entre 1982 et 2000 (soit en moyenne 14 cas par an), alors qu’on en avait enregistré 200 entre 1948 et 1983 (soit en moyenne 6 cas par an, c’est à dire 2 fois moins). Selon les experts, cette augmentation ne peut pas être liée uniquement à une amélioration du diagnostic et de la déclaration. Ces dernières années, le nombre de cas se maintient à une quinzaine par an, dont une dizaine en Franche-Comté.

Pathogénèse:

Chez l'homme, les œufs ingérés se transforment en larves qui vont coloniser le foie et former une pseudo-tumeur au bout de plusieurs années. Les larves peuvent exceptionnellement également atteindre d'autres organes comme les poumons ou le cerveau. Curieusement les enfants semblent épargnés par cette maladie alors que ce sont ceux qui portent le plus les mains à la bouche et se font lécher par les chiens et chats. Leur système immunitaire semble facilement se débarrasser des échinocoques. Pour autant mieux vaut éviter de les laisser ramasser les fruits au ras du sol et leur donner ceux plus haut.

Prévention :

Dans les zones connues de transmission, il faut éviter de consommer des baies sauvages, porter des gants pour les travaux en plein air et se laver les mains après ces travaux ou après avoir toiletté son animal de compagnie, cuire les aliments provenant des champs, des forêts ou des jardins potentiellement accessibles aux renards.

Source : Ministère de la santé

Ci-joint le dépliant du ministère de la santé sur l'echinococcose

Publié dans Prévention

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